Connue pour ses lavettes industrielles qu’elle livre et nettoie, Mewa est également impliquée sur le secteur des vêtements de travail et équipements de protection individuelle. Avec sa gamme adaptée aux opérations de soudage, l’entreprise allemande séduit les entreprises qui souhaitent un service de nettoyage clé en main.
Mewa fournit des lavettes industrielles, des vêtements de travail et des EPI avec une même proposition : les collecter lorsqu’ils sont sales afin de les laver et de les livrer propres à ses clients. Son cœur d’activité : la mise à disposition, l’entretien, la réparation, le stockage et la logistique des textiles selon des normes de qualité, d’hygiène et de sécurité certifiées. Son modèle économique : la location-entretien pour un service clé en main.
L’entreprise dont le siège se situe à Wiesbaden, en Allemagne, maîtrise ainsi plusieurs activités complémentaires : développer un catalogue produits, offrir des prestations de blanchisserie industrielle et gérer une logistique de collecte et de livraison des produits qu’elle propose en location. « Nous offrons une solution complète qui va jusqu’à la mise en casier des vêtements que nous traitons. Avec un objectif qui est l’inverse de celui de la fast fashion : faire durer les vêtements le plus longtemps possible. Les vêtements doivent pouvoir être utilisés pendant la durée du contrat », explique Manuel Lackermaier, directeur des ventes pour l’Europe de l’Ouest du groupe Mewa. « La disponibilité continue de vêtements de travail propres et adaptés pour tous est contraignante et implique un travail et une organisation intenses, complète Julien Vansantvoort, directeur administratif chez Mewa Servibel, l’un des deux sites belges de Mewa situé à Binche. Nos clients sont heureux de pouvoir confier toutes ces tâches à un partenaire professionnel. »

Les EPI destinés aux soudeurs ne dérogent pas à cette organisation. Une fois le modèle de vêtements choisi en fonction de l’activité de soudure de l’opérateur, des mesures sont prises pour disposer de trois équipements parfaitement ajustés et dotés de signes distinctifs selon les normes qu’ils respectent. Mewa se charge ensuite du nettoyage et de l’entretien de l’équipement. Les EPI sont récupérés, lavés, éventuellement réparés dans le respect des normes puis restitués. Les soudeurs récupèrent toujours leurs propres équipements, identifiés par un code barres. Point particulier : le lavage et la réparation respectent les normes afin de conserver la performance du vêtement (le fil employé est également normé). Et le nombre de lavages est comptabilisé. « Chaque vêtement supporte un certain nombre de cycles de lavage. Sans suivi, il n’y a plus de garantie de protection », souligne Manuel Lackermaier. Les équipements trop abîmés sont remplacés. Comme les cadres de Mewa aiment le rappeler, un client qui préfère acheter un vêtement et l’entretenir lui-même n’est ainsi pas assuré de conserver une résistance respectant les normes en vigueur.
Mewa Binche : un savoir-faire quinquagénaire au service des EPI
« Sur notre site de Binche, en Belgique, les EPI arrivent mélangés aux autres vêtements de travail. Six personnes trient les vêtements à l’arrivée, en fonction du type de salissures, de leur matière première, et des normes auxquelles ils se conforment. Les équipements pour soudeurs, par exemple, sont ensuite transférés dans un tunnel disposant d’un système de traitement par lot. Ils transitent de machine en machine par lot de 50 kg avec des cycles de lavage de quatre minutes. Au bout de 11 cycles, l’ensemble passe dans une centrifugeuse avant d’être automatiquement dirigé vers le tunnel de séchage où les vêtements, disposés sur cintres, transitent sept minutes pour être séchés tout en étant défroissés du fait de l’apesanteur. Une fois ces opérations terminées, un système de convoyage permet d’acheminer les EPI au poste de contrôle. Chaque équipement est inspecté avant d’être éventuellement réparé », explique Danny Vermeer, directeur technique de Mewa Belgique.
Au sein de l’usine de Binche – une blanchisserie de taille industrielle – se croisent rails aériens et tapis roulants pour convoyer les vêtements, machines automatisées et opérateurs. Entre 50 et 60 000 vêtements disposant d’un code barres associé à la puce RFID du cintre qui les transporte unitairement de point en point, sont nettoyés par semaine avant d’être triés automatiquement pour être livré à leur porteur.
Balisage d’une zone “sale” ou tout est automatisé pour éviter le contact humain, optimisation de l’utilisation de l’eau (qui est envoyée ensuite dans la station de d’épuration interne), automatisation du convoyage et des postes de travail des opérateurs : le site de Mewa Binche permet de gagner en productivité et de réduire les coûts de fonctionnement, en tenant compte de l’impact de son activité sur l’environnement, pour un service optimisé.
Quais de déchargement, tri, lavage et séchage automatisés, contrôle visuel assisté, réparation manuelle par des couturiers – des boutons manquants, une fermeture éclair défaillante, des trous ou un vêtement élimé donnent lieu à réparation –, inspection automatisée des bandes réfléchissantes des EPI qui en sont équipés, puis transit jusqu’à une zone de tri et de pliage automatique des vêtements : tout se fait sans rupture de chaîne : « Nous arrivons à tout faire en ligne. Nos clients sont sûrs de pouvoir récupérer un vêtement traité de A jusqu’à Z dans une même journée, sans avoir à attendre le temps d’une réparation éventuelle », souligne Manuel Lackermaier.
Le site belge de Binche – qui célèbre cette année ses 50 ans – s’adresse aux entreprises belges, néerlandaises et de l’Est de la France. Fondée en 1908, l’entreprise plus que centenaire ne manque pas d’ambition. L’un de ses objectifs est de développer son activité en France. Déjà présente à Avermes, près de Moulins (dans l’Allier), pour essentiellement traiter les lavettes industrielles utilisées par les entreprises de mécanique, ainsi que sur huit autres sites, Mewa s’implantera au Mans et à Marseille en 2025. Objectif affiché : devenir une entreprise nationale, de référence, en France.

Un service clé en main depuis 116 ans
Fondé en 1908, le groupe Mewa est pionnier en matière de service pour un textile durable. Le groupe, dont le siège social se trouve à Wiesbaden en Allemagne, est l’un des principaux fournisseurs de textiles d’entreprise en gestion complète en Europe. S’il met l’accent sur lavettes réutilisables de sa propre fabrication – produits historiques de la société –, les vêtements professionnels et de protection pour l’industrie, les ateliers et l’artisanat représentent également une part importante de son activité. Dans toute l’Europe, plus de 1,1 million d’employés portent des vêtements de travail Mewa, et environ trois millions utilisent des lavettes réutilisables Mewa. Avec 48 sites et environ 6 000 collaborateurs, l’entreprise familiale approvisionne plus de 200 000 entreprises de différents secteurs dans toute l’Europe. En 2023, son chiffre d’affaires s’élevait à 896 millions d’euros.

Des vêtements confortables pour chaque usage
Les EPI Mewa se distinguent selon la fréquence de soudage : occasionnelle, régulière ou continue. La ligne Flame se décline ainsi en trois offres, les besoins d’un soudeur occasionnel n’étant pas les mêmes que ceux d’un soudeur permanent. Les trois versions ont toutes en commun d’être confortables.
Pour le soudage occasionnel, les vêtements Dynamic Flame protègent contre les petites projections de métal, le bref contact avec des flammes et le rayonnement thermique. Les professionnels qui soudent plus souvent se tourneront vers la version « Mewa Flame Advanced ». La gamme « Mewa Dynamic Flame Extreme » a pour sa part été conçue pour répondre à toutes les exigences de sécurité du personnel dont le soudage représente l’activité principale. Son tissu résistant protège des chaleurs extrêmes dans les différents métiers de la métallurgie.
L’IA pour fournir des équipements sur mesure
Fournir des vêtements et EPI à la bonne taille est essentiel, à la fois en termes de sécurité et de confort. Mewa peut désormais recourir à l’intelligence artificielle (IA) pour permettre aux entreprises d’effectuer les prises de mesures des collaborateurs à équiper.
L’entreprise a pris une participation majoritaire dans la startup roumaine Esenca Digital Workwear. Cette entreprise a développé des procédés de numérisation basés sur l’IA pour déterminer la taille des vêtements et EPI à partir d’une application.
Un smartphone ou une tablette suffisent pour enregistrer des informations sur la taille et le sexe de chaque collaborateur équipé, et prendre deux photos de lui en pied, l’une de face et l’autre de profil.
« À partir de ces éléments, l’IA calcule les mensurations précises et les transfère dans les grilles de tailles de nos collections. Les photos ne servent qu’à identifier les points de mesure, et ne sont pas enregistrées, précise-t-on chez Mewa. La mesure standardisée, avec plus de cent points de mesure, est précise à 0,5 cm près. En 30 secondes, l’utilisateur obtient une recommandation de taille parfaitement adaptée à la collection concernée. »
Il s’agit pour Mewa de rendre les procédures de prise de mesure plus simples et faire économiser un temps précieux à la fois à ses clients et ses collaborateurs sur le terrain.
Yaël Zajac




