Former les soudeurs pour reconstruire l’industrie : gestes, machines et vocations

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Ils manquent partout, dans tous les secteurs industriels, sur tous les territoires. Et quand ils sont là, ils ne sont pas toujours considérés à leur juste mesure. Le soudeur est devenu un maillon stratégique, à la fois indispensable et rare.

Dans les chantiers navals, les centrales nucléaires, les sites de maintenance ou les ateliers aéronautiques, la pénurie de soudeurs qualifiés met en péril les cadences, fragilise les filières, ralentit la réindustrialisation. Mais cette tension cache une faille plus profonde : une formation morcelée, parfois dépassée, et peu pilotée.

Comment redonner une épaisseur à ce métier ? Comment former à la fois le geste et la pensée ? Quelle place pour la technologie ? Et surtout, qu’est-ce qu’un bon soudeur aujourd’hui ?

Cinq acteurs — industriels, formateurs, technologues — nous ont ouvert leurs ateliers, leurs écoles, leurs simulateurs, et leurs convictions. Ensemble, ils dessinent un métier en mutation, un besoin de transmission, et une urgence collective. À lire et à écouter !


Nos témoins

Un homme aux cheveux et à la barbe foncés se tient sur un fond noir, vêtu d'une chemise bleue boutonnée à petits points blancs. Il a les bras croisés et regarde la caméra. Il porte une montre au poignet gauche.
Antoine Bastien,
Key Account Manager chez Seabery.
Une personne aux cheveux courts et foncés, portant une chemise bleu clair boutonnée, se tient debout, les bras croisés, sur un fond uni et sombre, reflétant l'assurance qui sied à l'industrie ou à ceux qui recherchent la formation soudeur.
Jorge Carrasco, Mediterranean Regional Manager chez Seabery.
Un homme portant un gilet matelassé bleu se tient à l'intérieur, près d'une porte vitrée, avec une affiche de film représentant plusieurs visages et le mot "MAN" partiellement visible à l'arrière-plan, suggérant un lien avec la formation dans l'industrie.
Henri Costanza,
responsable formation Sud-Est à l’Institut de Soudure.
Un homme aux cheveux blonds courts, vêtu d'une veste de costume marine et d'une chemise blanche, se tient à l'intérieur devant un arrière-plan flou composé d'étagères de livres et d'une fenêtre, suggérant un cadre axé sur la formation ou l'entraînement dans le secteur de l'industrie.
Ryan Lober,
cofondateur et CEO de Fuzzy Logic.
Un homme d'âge moyen avec des lunettes, une courte barbe et une ligne de cheveux fuyante sourit. Vêtu d'une chemise à col, d'un pull et d'une veste, il se tient devant un arrière-plan sombre orné de formes orange et rouges, qui reflètent les efforts déployés pour reconstruire l'industrie.
Benoît Richot,
directeur Hefaïs.
Un homme aux cheveux courts et aux lunettes, vêtu d'une veste de costume gris clair et d'une chemise blanche, se tient devant un arrière-plan flou sur lequel figure le texte "What's your wedding challenge", qui met en lumière l'innovation dans l'industrie.
Jean-Marc Scolari,
directeur général Fronius France.

Une filière sous tension

« Il y a un déficit structurel de soudeurs, et il va encore s’aggraver d’ici 2030. » Antoine Bastien, Key Account Manager chez Seabery, connaît bien le terrain. Son entreprise, spécialisée dans la simulation immersive pour la formation au soudage, travaille avec des centres et des industriels partout en Europe. Et le constat est toujours le même : « Il y a une demande très forte, mais un déficit massif de compétences disponibles. »

Jean-Marc Scolari, directeur général de Fronius France, ajoute : « Le problème, ce n’est pas seulement le nombre. C’est la qualité, l’adéquation aux besoins industriels. Beaucoup de jeunes sortent de formation sans être réellement opérationnels. » Pire encore, personne ne sait exactement combien de soudeurs sont formés chaque année, ni combien quittent la profession. « Il n’y a pas de pilotage national. On navigue à vue », regrette Jean-Marc Scolari, également représentant du groupe soudage d’Evolis, syndicat des technologies de production.

Des métiers mal identifiés

Le mot « soudeur » recouvre en réalité une multitude de gestes, de qualifications, de contextes. Or, dans les représentations collectives, le métier reste flou, parfois dévalorisé.

« Quand on dit soudure, certains pensent encore à l’étincelle et à la flamme. Mais dans un atelier moderne, c’est bien plus complexe que ça », insiste Henri Costanza, responsable formation Sud-Est à l’Institut de Soudure. Cette image désuète freine les vocations, notamment chez les jeunes ou les femmes. Elle nuit aussi à la reconnaissance des compétences réelles. « Ce n’est pas un métier de bras. C’est un métier de tête et d’œil », affirme Benoît Richot, directeur de l’école Hefaïs à Cherbourg.

Hefaïs : une école née d’un besoin industriel
À Cherbourg-en-Cotentin, l’école Hefaïs a été créée en 2022 pour répondre à un besoin clair : former rapidement et efficacement des soudeurs pour les filières locales, en particulier le nucléaire, le naval, et la maintenance industrielle.
« Ce n’est pas une école pensée par des pédagogues. C’est une école construite par des industriels », explique Benoît Richot, son directeur. Le projet est porté par un consortium réunissant Naval Group, Orano, CMN, EDF, la Communauté d’agglomération du Cotentin, la Région Normandie et le Rectorat.
Tout est pensé pour répondre à un besoin : sessions courtes, pédagogie immersive, conditions réelles de travail. « Nos stagiaires ne sont pas dans des boxes d’apprentissage. Ils sont sur des pièces en hauteur, dans des positions contraignantes, avec des plans à respecter et des délais à tenir », précise Benoît Richot. Le programme est clair : « on ne leur apprend pas à faire un joli cordon. On leur apprend à faire une soudure conforme. » Les élèves travaillent sur de vraies pièces, souvent issues de chantiers partenaires. Pas de métal d’entraînement, pas d’exercice abstrait. « Ce qu’ils font ici, c’est ce qu’ils feront ensuite. On les plonge dans l’univers réel », poursuit le directeur.
Les publics sont divers. Jeunes décrocheurs, adultes en reconversion, intérimaires, salariés en transition. Âge, parcours, motivations varient, mais tous partagent une chose : « Ils veulent faire quelque chose de concret, utile, visible. » En ce moment, le plus jeune stagiaire a 18 ans. Le plus âgé, 54. Certains viennent de la restauration, du bâtiment, d’autres ont un CAP en poche, ou rien du tout. Ce que remarque Benoît Richot : « Ce sont des profils qui ont besoin de reconnaissance. Le soudage leur permet de se sentir capables. »
Le résultat est là : « la moitié des stagiaires signent un contrat avant la fin de leur parcours, et au-delà, nous arrivons à 95 % d’insertion. » Des entreprises locales viennent suivre les stagiaires, parfois dès la quatrième semaine. Certaines proposent des embauches immédiates, d’autres préparent des contrats à la sortie. « On a inversé le rapport. Ce n’est plus le stagiaire qui cherche un poste. C’est l’entreprise qui cherche à le garder. »
Hefaïs forme pour un territoire. Celui du Cotentin, où cohabitent nucléaire, construction navale, défense, maintenance, et bientôt énergies marines renouvelables.
La filière locale a besoin de profils fiables, disponibles, compétents, mais aussi capables d’évoluer. C’est pourquoi l’école intègre dès le départ la lecture de plan, les bases des normes, l’analyse du travail réalisé.

Un grand cadre métallique bleu soutient un réseau complexe de tuyaux métalliques dans un atelier industriel. Des établis, des outils et des équipements sont visibles dans cette pièce spacieuse et bien éclairée.

Ce qui fait un bon soudeur aujourd’hui

Longtemps, on a réduit le métier de soudeur à un seul critère : la beauté du cordon. Mais sur le terrain, cette vision est dépassée. « Ce n’est pas un métier artistique. C’est un métier de conformité. Conforme à une norme, à une exigence client, à une tolérance de ressuage ou de radio », résume Henri Costanza, responsable formation à l’Institut de Soudure de Port-de-Bouc.

Jean-Marc Scolari renchérit : « Un bon soudeur, c’est d’abord quelqu’un qui comprend ce qu’il fait. Il sait lire un plan, interpréter un WPS, repérer une non-conformité. Il est le premier niveau de contrôle qualité. »

Un bon soudeur, c’est aussi un professionnel fiable. « Il faut un mental. Une capacité à se concentrer, à se remettre en question. Un bon soudeur accepte de refaire. Il accepte d’être corrigé. Il ne cache pas les défauts », détaille Benoît Richot. Il faut savoir se remettre en cause, documenter son travail, collaborer avec l’inspecteur qualité ou le chef d’équipe. Le soudage, souvent solitaire dans l’acte, est collectif dans la responsabilité.

Un simulateur de soudage Seabery avec une interface à écran tactile, divers boutons de commande et un casque de soudage posé sur le dessus, sur un fond blanc uni.
Dernière génération du simulateur de soudage WELDING PRO de la société SEABERY.

Le « bon soudeur » dans l’aéronautique ne ressemble pas à celui du nucléaire. Ni en gestes, ni en rythme, ni en environnement. Aujourd’hui, un soudeur est au cœur de la chaîne de valeur. Il intervient sur une pièce souvent coûteuse, parfois critique, parfois unique. « S’il se trompe, c’est toute la suite qui est bloquée. Il n’est pas en bout de chaîne. Il est au centre », affirme Jean-Marc Scolari.

Et de plus en plus, on attend de lui qu’il sache interagir avec des machines, des robots, des instruments de mesure, qu’il comprenne les normes, les contraintes documentaires. Le bon soudeur devient aussi technicien, garant, interprète.

Ce qu’un soudeur doit savoir aujourd’hui
– Lire un plan
– Suivre un WPS
– Appliquer une norme (EN ISO 9606, etc.)
– Détecter une non-conformité
– Travailler en sécurité
– Justifier son travail£
– Corriger un défaut
– Adapter sa technique au matériau et à la position
– Collaborer avec contrôle qualité et production.

Technologies et nouvelles pédagogies

Dans les ateliers, les robots de soudage sont souvent vus comme des équipements complexes, réservés aux grandes séries. Fuzzy Logic Robotics, start-up française fondée par Ryan Lober, renverse cette logique. « Ce n’est pas l’humain qui s’adapte au robot. C’est le robot qui s’adapte au soudeur », résume le dirigeant. Leur solution permet à un opérateur non programmeur de montrer un geste à un robot, qui le reproduit ensuite. Pas besoin de coder. Pas besoin de cellule fixe. « C’est comme si on formait un apprenti invisible », poursuit Ryan Lober. L’objectif est d’aider les PME à automatiser des tâches répétitives, sans expertise informatique. Avec ce type d’outil, le soudeur n’est plus seulement exécutant : il devient superviseur de cellule, pilote de trajectoire, voire formateur du robot. « Ce n’est pas de la substitution. C’est de la délégation intelligente. Le soudeur garde la passe critique. Le robot prend les longueurs. »

Une personne tient un smartphone affichant une application de soudage devant un robot de soudage automatisé et une table de travail en métal avec des pièces métalliques, soulignant l'engagement de WELDMATE pour la formation des soudeurs dans l'industrie moderne.

Dans la formation, ces outils peuvent aussi servir à démontrer, à documenter, à multiplier les scénarios.

Simulation : répéter sans risque, corriger sans délai

Du côté de Seabery, la simulation en réalité augmentée est au cœur d’une nouvelle pédagogie. Leur simulateur Soldamatic permet de s’entraîner sur tous les procédés sans consommer un centime de matière. « L’apprenant visualise son angle, sa vitesse, la stabilité de son arc. Il peut corriger immédiatement. » annonce Jorge Carrasco, Mediterranean Regional Manager chez Seabery. Mais l’atout principal, c’est la confiance. « Quand un jeune réussit une passe simulée, il comprend qu’il en est capable. Ça crée un déclic. » reprend l’entreprise très référencée dans l’éducation nationale.
Tous les formateurs insistent : la simulation ne remplace pas la pratique. Elle prépare. Elle accélère. Elle fiabilise.

« Il faut sentir la chaleur, le poids du masque, le stress du vrai métal. Mais le simulateur permet de progresser plus vite, de corriger plus tôt, de répéter sans fin », résume Henri Costanza.

Une personne portant un casque de soudure et des gants rouges tient une torche de soudage près d'un objet cylindrique bleu avec une surface à motifs, tandis qu'une machine située à proximité affiche des données connexes et une vue rapprochée sur son écran.
Soudeur en cours d’entraînement sur une pièce et position complexes.

Seabery : simuler pour mieux apprendre, former pour plus de monde
La pénurie de soudeurs ne pourra être résolue sans un changement d’échelle dans la formation. C’est précisément l’objectif poursuivi par Seabery, entreprise pionnière de la réalité augmentée appliquée au soudage, avec sa solution Soldamatic.
Grâce à une torche connectée, un casque en RA et une interface pédagogique complète, l’apprenant s’entraîne à souder dans un environnement virtuel calqué sur le réel. Il manipule les bons gestes, sur les bonnes pièces, avec les bons paramètres — mais sans danger, sans consommation de matière et sans contrainte logistique.
Antoine Bastien, Key Account Manager France et Benelux, insiste : « Le simulateur permet à un formateur de suivre plusieurs stagiaires en parallèle, chacun recevant un retour précis et mesurable sur ses performances. On ne forme pas “à l’aveugle”. »
Soldamatic couvre toute la chaîne pédagogique :
– Découverte du métier (orientation, préqualification)
– Apprentissage des gestes de base (vitesse, angle, distance)
– Entraînement procédés/positions (MAG, TIG, arc, sur plaque ou tube)
– Préparation à la certification (normes, positions spécifiques)
– Remédiation ciblée (revenir sur un défaut précis).
La progression est personnalisée, scénarisée, et suivie en temps réel. L’erreur n’est plus pénalisante, elle devient un levier d’apprentissage.
La simulation permet aussi de démocratiser l’accès à un métier réputé difficile. Pour des publics éloignés de l’emploi, pour des jeunes en quête de repères, ou pour des femmes encore peu représentées dans la filière, elle offre une porte d’entrée rassurante, sans bruit, sans chaleur, sans danger. La simulation permet de tester une vocation en amont, d’identifier les aptitudes, et de sécuriser l’engagement vers un parcours complet.
Déjà adoptée par plus de 200 structures en France (CFA, lycées pros, centres spécialisés, industriels), la technologie de Seabery s’intègre dans les plateaux pédagogiques classiques, mais aussi dans des formats mobiles ou modulaires — utiles pour les zones rurales ou les formations délocalisées.

Les centres de formation face à la demande

Sur le terrain, les centres historiques jouent un rôle central. À Port-de-Bouc, l’Institut de Soudure forme chaque année des dizaines de soudeurs pour les chantiers navals, la maintenance industrielle, l’énergie.

Henri Costanza, responsable formation Sud-Est, décrit un centre « à la fois industriel et pédagogique. Nous avons 52 cabines de soudage, des simulateurs, une équipe de formateurs expérimentés, et un réseau d’entreprises partenaires. »
La formation s’appuie sur des cas réels, des pièces fournies par des clients, et des mises en situation contraignantes. « Nous formons pour les conditions dures. Pas pour l’atelier école idéal. »

Une salle de classe avec de longues tables noires et des chaises grises disposées en deux rangées, des étagères bleues avec du matériel le long du mur de gauche, une grande fenêtre au fond, un tableau blanc et un écran numérique sur le mur de droite.

Tous les acteurs le signalent : il manque des formateurs autant que des soudeurs.
« Un bon formateur, c’est quelqu’un qui connaît le geste, mais aussi la pédagogie. C’est rare. Et c’est mal valorisé », alerte Jean-Marc Scolari.

À l’Institut de Soudure, le sujet est le même : « Nos formateurs sont très expérimentés. Mais il faut préparer la relève. Et ce n’est pas simple d’attirer un soudeur en activité vers la formation. Il perd en salaire. Il gagne en charge mentale. »

D’autres régions n’ont pas ou peu d’offre locale. « Dans certaines zones, il faut faire deux heures de route pour trouver un centre. Et quand on le trouve, il est saturé, ou il n’a pas les bons plateaux », explique Jean-Marc Scolari. Résultat : des bassins d’emploi entiers restent sans solution. Et les entreprises se retrouvent à former elles-mêmes, dans l’urgence, des profils non qualifiés.

Un métier encore perçu comme masculin

Dans l’imaginaire collectif, le soudage reste un métier d’homme, salissant, physique, exigeant. Ce cliché résiste, malgré les évolutions techniques.

« La torche n’est plus lourde. L’équipement est allégé. Les positions sont variées. Il n’y a rien, aujourd’hui, qui empêche une femme de devenir une excellente soudeuse », affirme Henri Costanza, qui forme chaque année plusieurs stagiaires féminines à Port-de-Bouc.

Quatre étudiants sont assis à une table, utilisant des ordinateurs portables et tenant des outils, travaillant ensemble dans une salle lumineuse avec de grandes fenêtres montrant un bâtiment moderne à l'extérieur.

Chez Hefaïs, même constat : « Nos formatrices sont d’anciennes soudeuses. Elles montrent par l’exemple. Et ça change le regard des stagiaires, hommes comme femmes », témoigne Benoît Richot. « Nous avons eu une femme qui n’avait jamais tenu un outil. Elle est sortie major de sa promo. Ce qu’il faut, ce n’est pas un CV. C’est une motivation. »

Le soudage devient un levier de reprise de confiance, un repère concret pour des trajectoires chaotiques. La formation courte, intensive, immersive permet de sortir du flou pour entrer dans l’action.

Un ouvrier portant un équipement de protection soude une grande structure métallique à l'intérieur d'un entrepôt industriel. Une machine à souder rouge portant l'inscription "Fronius" est reliée à la structure par des câbles. La lumière du soleil pénètre par une porte ouverte.

Fronius : le poste de soudage devient presque instrument de mesure
Chez Fronius, les postes pédagogiques sont équipés d’interfaces intelligentes. Ils mesurent :
– l’inclinaison de la torche
– la vitesse de déplacement
– la distance à la pièce
– la stabilité de l’arc
« Le formateur voit exactement ce que l’élève fait. Il peut corriger précisément. Et surtout, l’élève comprend lui-même ses erreurs. »
Cela change tout : la pédagogie devient analytique, basée sur des données concrètes. Et le dialogue entre formateur et apprenant gagne en précision.

Le rôle des prescripteurs

Encore faut-il que ces personnes soient orientées vers ces formations. Et là, les acteurs pointent une faiblesse : « Les prescripteurs ne connaissent pas les métiers industriels. Ils envoient les candidats vers l’aide à la personne, la vente, le transport. Mais ils ne parlent pas de soudure. » Jean-Marc Scolari appelle ainsi à une campagne de sensibilisation massive, à destination de Pôle Emploi, des Missions Locales, des Régions. « Si on ne parle pas du soudage comme d’un vrai métier, personne n’ira. »

Des projets bloqués, des marchés perdus

Le manque de soudeurs qualifiés ne se traduit pas seulement par des tensions RH. Il a des conséquences industrielles concrètes : projets retardés; appels d’offres non honorés, surcoûts de sous-traitance… Jean-Marc Scolari parle d’un risque systémique : « Si vous ne trouvez pas de soudeurs, vous ne pouvez pas produire. Si vous ne produisez pas, vous perdez votre marché. C’est aussi simple que ça. »

Dans de nombreuses entreprises, l’absence de relève entraîne une pression énorme sur les soudeurs expérimentés, souvent en fin de carrière.

Une rangée de cabines de soudage numérotées avec des cloisons rouges borde les deux côtés d'un atelier industriel. Le plafond est haut, avec des poutres apparentes, des conduits de ventilation et des puits de lumière. Le matériel et les fournitures sont visibles dans l'allée centrale.

Le soudage est un métier qui se transmet. Sans cette transmission, des gestes, des réflexes, des habitudes se perdent. « Ce qu’un soudeur de 30 ans d’expérience peut vous apprendre en deux minutes, vous ne le trouverez dans aucun manuel », dit Henri Costanza.

Une filière sans pilote

Tous les professionnels interrogés pointent le manque de coordination nationale dans la formation au soudage.
Jean-Marc Scolari propose la création d’un observatoire national du soudage, capable de : mesurer les besoins, identifier les manques par territoire, ajuster l’offre de formation, structurer une réponse cohérente.

La valorisation du métier reste insuffisante. Peu de filières scolaires mènent au soudage. Peu de dispositifs proposent une montée en compétence sur le long terme.

Enfin, les acteurs appellent à un changement de regard plus large. Le soudeur n’est pas un exécutant. C’est un garant de qualité, un technicien de haut niveau, un partenaire de production.

Former pour tenir la promesse industrielle

Former un soudeur, ce n’est pas seulement enseigner un geste. C’est façonner un acteur industriel, apte à comprendre son environnement, à interagir avec une machine, à corriger une erreur, à garantir une conformité.

C’est aussi, parfois, réparer une trajectoire humaine, redonner de la confiance, proposer une vraie place dans la société productive.

Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il que les conditions de formation soient réunies : formateurs compétents, simulateurs bien utilisés, ateliers réalistes, reconnaissance des parcours, passerelles vers l’emploi.

À l’heure où la France veut relancer son industrie, rénover ses infrastructures, produire ses énergies, le soudage est le trait d’union entre le projet et sa réalisation. Il ne peut plus rester dans l’angle mort des politiques publiques.

Une personne portant des gants de protection et un casque de soudure bleu soude des tuyaux métalliques, une lumière vive étant visible au point de soudure dans un environnement faiblement éclairé.

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Un homme portant un équipement de protection pour le soudage transporte un équipement de soudage portable CORE à l'extérieur, près d'un équipement industriel et de piles de roches. Le texte se lit comme suit : "Böhler, soudage par voestalpine. Allez souder ! Avec Core. Une nouvelle ère dans l'équipement de soudage pour les professionnels.

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