Cette conversation reprend l’article publié dans le numéro 464 de la revue Soudage et Techniques Connexes. Pas encore abonné ? C’est ici que tout se passe…
Qui êtes-vous et comment présenter l’entreprise ?

Jonas Kappel : Je m’appelle Jonas Kappel. Je suis membre du comité de direction élargi de Lorch et je dirige actuellement les départements gestion produit et communication marketing. Mon parcours initial est technique : j’ai commencé chez Lorch comme électricien systèmes et appareils, et j’ai rejoint l’entreprise il y a 18 ans.
Lorch fêtera son 70e anniversaire l’année prochaine. Je décrirais l’entreprise comme un fabricant allemand d’équipements de soudage, fort d’une longue histoire et d’un véritable héritage. Ce qui caractérise Lorch, selon moi, c’est que l’entreprise a toujours cherché à porter l’innovation, tout en définissant sa propre compréhension de ce que innover signifie. Notre ancien propriétaire, qui a largement conduit le développement de l’entreprise au cours des 20 dernières années, avait une vision très claire : l’innovation n’est pas une innovation du seul fait de ses aspects techniques ; elle ne l’est que si elle change réellement la situation du client final. C’est une valeur essentielle chez Lorch.
Au cours des dernières décennies, nous avons connu une croissance importante, notamment grâce à des investissements précoces dans la technologie onduleur. Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires se situe autour de 50 millions d’euros. Sur les 20 dernières années, nous avons plus que doublé notre niveau de chiffre d’affaires.
Et vous, Sébastien ?

Sébastien Andouche : Je m’appelle Sébastien Andouche. J’ai suivi une formation en mécanique et commencé ma carrière professionnelle comme ingénieur commercial au sein de sociétés de distribution. J’évolue aujourd’hui depuis plus de 25 ans sur le marché du soudage. Avant de rejoindre Lorch, j’ai travaillé pour d’autres entreprises du secteur. Je suis chez Lorch depuis 11 ans. Depuis le début de l’année, je suis responsable de la France. Je suis chargé du développement de Lorch en France, et nous faisons partie de la zone Europe du Sud-Ouest, avec l’Italie, le Portugal et l’Espagne.
Pour bien souder, suffit-il d’avoir le bon équipement ?
Jonas Kappel : Je retournerais un peu la question. Il existe des soudeurs capables d’obtenir des résultats magnifiques avec presque n’importe quel équipement. Mais ce sont de véritables talents, et ils sont rares. À mon avis, la plupart du temps, on ne trouve pas directement ce niveau de compétence en production. Des soudeurs dotés d’une telle capacité peuvent créer leur propre activité ou développer leur propre entreprise.
Donc, si vous me posez cette question, je dirais que notre objectif est de rendre la technologie et les équipements de soudage utilisables de telle sorte que même une personne n’ayant pas encore un niveau de compétence pleinement développé puisse obtenir de bons résultats. De ce point de vue, oui, avec nos équipements de soudage, il est possible de bien souder, parce que nous investissons dans la manière dont la machine est utilisée et dans sa facilité d’emploi. L’objectif est de rendre un soudage correct possible à tous les niveaux de compétence.
Mais il ne s’agit pas seulement de machines…
Jonas Kappel : Non, il ne s’agit pas seulement de machines.
Sébastien Andouche : Par le passé, il s’agissait beaucoup plus des machines seules, parce que tous les fabricants voulaient obtenir l’arc électrique parfait pour le soudage. Mais la devise de Lorch, depuis très longtemps, est « 1, 2, 3, weld ». Cela signifie que nous avons toujours voulu proposer au marché des procédés performants, avec des investissements importants en R&D pour les développer. Mais ces procédés ne sont utiles aux soudeurs que s’ils sont faciles à utiliser. Notre objectif est toujours de disposer de machines très ergonomiques. Même nos trois gammes de machines sont très simples à utiliser. C’est ce qui fait la différence pour Lorch. Cela permet également aux soudeurs de se concentrer sur leur métier.
Le soudage doit-il devenir plus simple en raison d’un manque de soudeurs qualifiés ?
Jonas Kappel : Il existe clairement un problème de niveau de compétence et de formation adaptée des soudeurs en production. C’est particulièrement vrai lorsque des entreprises déplacent leur production vers d’autres sites afin de réduire les coûts. Selon le marché local, il peut y avoir un véritable déficit de formation au soudage. Les entreprises doivent souvent former elles-mêmes leurs soudeurs pour les amener au niveau requis. Les entreprises qui réussissent sont généralement efficaces sur ce point. L’équipement représente une partie de l’équation, parce qu’il pose les bases : à quel point est-il facile, pour quelqu’un qui n’a jamais soudé auparavant, d’utiliser une telle machine ?
Sébastien Andouche : Les machines ergonomiques sont aussi une manière de rendre le soudage plus attractif pour les nouveaux soudeurs. En Europe, et en particulier en France, le marché du soudage n’est plus aussi attractif qu’auparavant.
Si nous pouvons fournir une belle machine, dotée d’une bonne IHM, elle reste l’outil du soudeur, mais elle devient un outil très efficace, facile à utiliser, avec un écran couleur, un écran tactile, etc. Cela fait également partie de la démarche visant à rendre le métier plus attractif pour les soudeurs.

En ce qui concerne les générateurs de soudage, comment innovez-vous ?
Jonas Kappel : Si l’on prend notre machine la plus récente, la série iQS, qui est aujourd’hui notre porte-drapeau haut de gamme, il est encore possible de fabriquer de meilleures machines de soudage d’un point de vue technique : régulation plus rapide, réserve de puissance, courants pulsés, etc. Il existe encore des éléments techniques qu’un fabricant peut améliorer. Mais, comme Sébastien l’a déjà mentionné, ce n’est qu’une partie du potentiel d’innovation que nous voyons dans l’iQS. L’innovation principale se situe aussi dans le logiciel. Comment transférer les lignes synergiques et les procédés existants vers la nouvelle machine ? Comment donner aux clients la possibilité de continuer à utiliser leurs DMOS/WPS et d’adapter très rapidement la machine à leur atelier, même lorsqu’il s’agit d’une technologie plus récente ?
Nous voyons également un potentiel d’innovation dans un concept pensé pour faciliter la maintenance, à la fois pour nettoyer la machine et pour la maintenir en fonctionnement. Par exemple, nous avons un concept sans poussière dans les zones où se trouvent les cartes électroniques. Cela s’accompagne d’un nouveau concept d’IHM, qui rend la machine facile à utiliser et met à disposition tous les réglages et modes dont le soudeur a besoin dans sa propre langue. Ce sont des aspects importants de l’innovation, au même titre que la possibilité de démarrer des applications robotisées avec ce type de machines.
Sébastien Andouche : Avec cette machine, vous avez également la possibilité de vous connecter à un serveur numérique, comme un cloud sécurisé, afin de suivre tous les aspects de la production de soudage. Si la machine est connectée, vous pouvez voir quelle quantité de fil vous utilisez, la consommation de votre source de courant et d’autres données détaillées liées à la production.
Quelles fonctionnalités vos utilisateurs attendent-ils ?
Jonas Kappel : Globalement, nous pouvons dire que dans les cahiers des charges que nous recevons aujourd’hui, nous parlons plus souvent de l’ensemble du processus d’atelier qu’auparavant. La plupart du temps, la discussion n’est plus : « J’ai une opération de soudage spécifique, et nous devons décider comment la traiter. » Elle porte davantage sur la question suivante : « Comment pouvez-vous m’accompagner dans mon processus de production complet impliquant du soudage ? » Cela inclut les sujets que Sébastien a mentionnés : supervision d’atelier, organisation de la production, gestion des utilisateurs, contrôle de ce que le soudeur utilise réellement, des paramètres employés pour tel ou tel travail, etc. Notre objectif est réellement de comprendre comment notre client travaille, puis de développer la machine adaptée à ce client.
« Le principal sujet de discussion n’est plus seulement une opération de soudage, mais l’ensemble du processus d’atelier »
Comment la R&D est-elle organisée au niveau du groupe, et quelle est la situation spécifique pour la France ?
Sébastien Andouche : Pour la France, c’est très simple : nous n’avons pas de R&D en France. Tout est réalisé près de Stuttgart, dans notre usine. Mais Lorch entretient un lien très fort entre toutes ses filiales. Nous échangeons en permanence sur les besoins de chaque marché spécifique : la France, l’Espagne, l’Italie et les autres.
Nous ne faisons pas partie de la R&D, mais nous sommes impliqués auprès de la R&D afin de contribuer à la conception de machines adaptées à notre marché.
Vous transmettez donc à la R&D de Stuttgart des besoins issus de vos clients ?
Sébastien Andouche : Oui, nous transmettons des besoins généraux que nous souhaitons voir intégrés à notre portefeuille, mais aussi des besoins particuliers pour des segments de marché comme le ferroviaire, la construction navale ou d’autres secteurs, dans lesquels les clients demandent des personnalisations. Nous envoyons ces recommandations et ces spécifications de personnalisation à l’entreprise afin de voir comment nous pouvons y répondre. En général, il existe un lien fort entre la filiale et le siège.
Et au niveau mondial ?
Jonas Kappel : Au niveau mondial, nous disposons d’une unité de développement centralisée à notre siège d’Auenwald, avec plus de 30 collaborateurs en ingénierie qui développent ces sources de courant. Depuis l’acquisition par Daihen, nous travaillons également en étroite collaboration avec Daihen sur les projets futurs, notamment en robotique. Mais Daihen indique clairement que Lorch reste la plateforme de développement de référence pour les marchés européen et nord-américain. La gestion produit se nourrit des programmes de voix du client. Pour moi, les responsables commerciaux pays et les responsables régionaux sont très importants pour obtenir les bonnes informations clients. Lorsque nous parlons d’exigences de marché spécifiques, ils définissent également les besoins avec le client, pour des clients particuliers ou des projets spécifiques selon les secteurs industriels. C’est pourquoi j’apprécie de travailler avec Sébastien : cela contribue à garantir que les intérêts du marché français soient toujours présents dans notre développement.
Sébastien Andouche : Puisque nous parlons de R&D et de son fonctionnement actuel avec Daihen, c’est peut-être aussi le bon moment pour rappeler que nous faisons partie de cette entreprise depuis deux ans. Daihen est une société japonaise, et d’autres entreprises en Europe font désormais également partie de ce groupe. Jonas, peut-être prux-tu expliquer le nouveau concept avec Daihen Smart Solutions Europe ?
Jonas Kappel : Si l’on regarde Lorch Schweißtechnik par le passé, nous avions une empreinte européenne très forte dans le soudage manuel. Nous avons ensuite ouvert le champ de la robotique, notamment avec nos solutions de soudage cobotisées. L’étape stratégique consistant à être acquis par une entreprise qui produit également ses propres robots est, à mon avis, quelque chose de très particulier. Il n’existe pas beaucoup d’entreprises en Allemagne, ou plus largement en Europe, qui peuvent dire que leur société mère est un fabricant de robots. Pour nous, c’était une très bonne nouvelle.
Nous avons créé pour l’Europe une nouvelle marque orientée ventes, appelée Daihen Smart Solutions Europe. Daihen n’a pas seulement acquis Lorch au cours des dix dernières années ; le groupe a également acquis plusieurs intégrateurs en Europe, qui réalisent des projets robotisés. Avec Daihen Smart Solutions Europe, nous pouvons désormais combiner les forces de ces entreprises situées en Europe afin d’apporter de meilleures réponses aux besoins des clients.

C’est peut-être le moment de parler de l’IA chez Lorch. Est-ce quelque chose qui est intégré dans le domaine de la robotique ?
Jonas Kappel : Oui. Concernant l’IA, nous développons déjà de premières applications no-code, principalement basées sur la caméra. Je ne peux encore rien présenter, car elles sont toujours en développement, mais nous essayons de travailler sur trois niveaux d’applications d’IA.
Premièrement, nous observons le développement général de modèles d’IA exécutés localement. Nous suivons les tendances des associations allemandes ZVEI et VDMA, au sein desquelles nous sommes intégrés, car nous voyons le potentiel de l’IA pour révolutionner la communication d’interface entre les machines. C’est un sujet général que nous suivons à mesure que l’industrie progresse.
Le deuxième sujet est la donnée. Comme Sébastien l’a mentionné, nous envoyons les données de soudage vers le cloud et nous disposons de grandes bases de données pour les clients. Avec l’intégration de l’IA, il devient possible de réaliser des analyses plus rapides et de fournir des recommandations plus rapidement. L’IA peut donc être utilisée pour analyser les données que nous stockons pour les clients.
Le troisième volet de l’intégration de l’IA est la combinaison des applications robotisées avec l’IA, afin de rendre l’automatisation plus simple et de faciliter l’obtention de pièces automatisées pour la robotique. Nous avons déjà de premières solutions au sein du groupe. L’une d’elles s’appelle AI Teach : une caméra aide à identifier l’endroit où il faut souder et fournit également une recommandation de trajectoire.
Mais je dirais tout de même que nous sommes au début de ce parcours.
Parlons de la France et des exigences techniques spécifiques. Sébastien, je pense que cette question est pour vous.
Sébastien Andouche : Comme je l’ai déjà dit, le marché français du soudage est un marché très ancien. Bien entendu, nous avons des segments de marché spécifiques qui nécessitent de la personnalisation, comme le ferroviaire, le nucléaire et la construction navale, qui est également un sujet majeur en France. Concernant la situation globale en France, nous pouvons constater que le marché n’est plus aussi dynamique qu’il l’était, et il en va de même en Europe en général, en particulier au cours des deux dernières années. Mais la France fait partie de l’Europe du Sud-Ouest. C’est la deuxième zone de Lorch : la première est évidemment le marché allemand. La France et l’Italie sont également les deuxième et troisième marchés du soudage en Europe.
Le principal sujet commercial en France est aussi lié au fait que, depuis plus de six ou sept ans, Lorch est un pionnier du soudage cobotisé. Il y a quelques années, cela restait encore assez anecdotique, mais aujourd’hui tous les fabricants arrivent sur ce type de solution. Nous avons identifié très tôt en Europe que la pénurie de soudeurs qualifiés allait devenir un problème. Dès la naissance du projet, nous avons consacré beaucoup d’énergie pour définir des packages Cobot innovants et très facilement accessibles. Cela fait partie de notre mission que d’adresser ce segment de marché avec des applications robotisées, en lien avec Daihen, et nous développons fortement cette nouvelle activité en France. Elle n’est pas dédiée à un seul marché. C’est un outil général pour l’ensemble des besoins des soudeurs. C’est aussi une manière d’apporter l’automatisation à des entreprises plus petites qu’auparavant.
Auparavant, lorsque l’on voulait automatiser le soudage, la discussion portait toujours sur des applications de robots industriels. Toutes les entreprises ne pouvaient pas se permettre ce type de machine, d’autant que de tels systèmes nécessitaient une personne dédiée pour les piloter. Ce n’est pas le même métier que celui de soudeur. Avec un cobot, la philosophie est différente. C’est une manière de placer le soudeur à un autre niveau. Normalement, le soudeur doit être capable de piloter le cobot. C’est aussi une façon pour lui de conserver toute la qualité de soudage qu’il possède, tout en s’éloignant des fumées de soudage, du rayonnement et de toutes les difficultés liées à ce métier, qui n’est pas un métier facile.
Nous sommes très engagés dans la mise en avant de cette solution, parce que, pour la France et pour l’Europe en général, c’est un outil qui peut aider de nombreux clients et de nombreux soudeurs.

Passons à la transition entre soudage manuel et soudage automatisé. Quelle est aujourd’hui la répartition entre les deux ?
Jonas Kappel : Nous voyons encore beaucoup d’applications en soudage manuel, mais la robotique progresse fortement. Nous pensons qu’il existe un besoin majeur d’augmenter la productivité si nous voulons des entreprises rentables dans l’industrie du soudage. C’est ce qui tirera la tendance robotique au cours des 20 prochaines années, à mon avis.
Avec nos coûts de main-d’œuvre et la situation actuelle en Europe, je ne pense pas que la simple optimisation du soudage manuel ait un grand avenir.
Sébastien Andouche : Comme je l’ai dit au sujet du marché français, il est difficile de connaître exactement la part des applications manuelles et automatisées. Mais une chose est vraie pour moi : si nous voulons rester rentables sur ce marché en Europe à l’avenir, l’automatisation du soudage est un sujet majeur.
Présentez-vous vos produits comme « made in Germany » ? Est-ce encore un argument aujourd’hui ?
Jonas Kappel : Cela reste une grande valeur, mais elle n’est reconnue que si la qualité du produit correspond à cet actif de marque. Je ne dirais pas que le fait de marquer ses produits « made in Germany » génère davantage de chiffre d’affaires si les gens ne ressentent pas que les produits sont réellement fabriqués en Allemagne. Pour nous, avoir une production en Allemagne reste un très grand atout, mais seulement parce que cela correspond à la qualité globale du produit. Si vous me demandez si l’allégation pousse les gens à dépenser davantage, je répondrais non. Mais si le produit incarne cette promesse, alors oui.
Sébastien Andouche : Nous mettons toujours cet argument en tête de ce que nous disons aux clients. Pas seulement « made in Germany », mais aussi « made in Europe ». Pour nous, cela signifie la capacité à fournir des produits de haute qualité. Mais comme Jonas l’a dit, il ne suffit pas d’apposer « made in Germany » sur la machine. La machine doit être intelligente, efficace et adaptée au client. Pour moi, cela signifie également que nous sommes capables de fournir tous les services possibles autour de la machine.
L’environnement et le développement durable sont-ils un sujet pour vos clients, et comment y répondez-vous ?
Sébastien Andouche : Si nous parlons de l’environnement direct du soudeur, le principal sujet est notre capacité à fournir des outils qui protègent les soudeurs des fumées de soudage et des autres risques. Par exemple, nous fabriquons des cagoules pour les protéger du rayonnement de l’arc, mais aussi des cagoules qui apportent de l’air frais filtré à l’intérieur, afin que les soudeurs ne respirent pas les fumées de soudage. C’est très important pour nous. Nous sommes engagés en R&D pour rechercher des solutions dans ce domaine. Nous proposons également des torches dédiées qui permettent d’extraire les fumées de soudage hors de la zone du soudeur. C’est très important pour nous, mais aussi pour la production en France en général.
Jonas Kappel : Actuellement en Europe, je pense que l’équilibre est très important pour notre environnement. Pour l’industrie du soudage, une énergie bon marché est très importante, et l’efficacité énergétique l’est tout autant.
Dans cette discussion, ce que nous essayons d’apporter à nos clients, c’est l’idée selon laquelle il ne devrait pas s’agir d’un choix entre se préoccuper de l’environnement à coût élevé, ou ne pas s’en préoccuper à faible coût. Nous essayons de montrer aux clients qu’avec un bon rapport qualité-prix, ils peuvent toujours obtenir des machines écoénergétiques et de nouvelles technologies. Pour l’industrie du soudage en Europe, la question de savoir comment fournir une énergie moins chère est très vaste et très importante. Notre réponse consiste à montrer qu’investir dans de nouvelles technologies ne coûte pas nécessairement plus cher. Cela signifie aussi prendre soin des conditions dans lesquelles vous exploitez votre environnement de production. Nous réduisons les émissions, comme Sébastien l’a expliqué, et nous innovons dans des procédés qui réduisent les émissions.
Sébastien Andouche : Pour compléter ce que Jonas a dit, si vous regardez la manière dont nous avons conçu notre dernière machine, l’IQS, elle a été entièrement pensée pour la maintenabilité et pour une longue durée de vie. Tout peut être remplacé très facilement. Tout a été étudié pour accompagner une longue vie de la machine.
Nous avons exactement le même sujet avec notre nouvelle torche LMS. Selon nous, les torches ne sont pas des consommables. Nous sommes sur un marché où certaines personnes pensent désormais que les torches doivent être bon marché et traitées comme des consommables. Les torches doivent être de bons produits, réparables lorsqu’elles ne fonctionnent plus correctement. Cela fait également partie de notre manière de prendre soin de l’environnement.
Sortons la boule de cristal. Où voyez-vous l’entreprise dans quelques années ?
Jonas Kappel : Personnellement, je vois Lorch dans une position de leader comme fournisseur de solutions pour la robotique et le soudage manuel à l’arc en Europe. Avec Daihen, je pense que nous sommes en pole position en matière d’accès technologique pour y parvenir.
Sébastien Andouche : Je suis également très confiant. Si l’on regarde les synergies entre Lorch et toutes les autres entreprises du groupe Daihen, il n’y a pas de concurrence entre ces sociétés. Il s’agit d’une addition de nombreuses capacités.
Et personnellement, où vous voyez-vous à l’avenir ?
Sébastien Andouche : À ce moment de ma carrière et compte tenu du fort investissement de toute l’équipe Lorch France, je veux voir Lorch continuer dans sa dynamique de prise de parts de marchés sur notre territoire. Aussi, Toute l’équipe est au travail pour mettre en place les bases de la synergie « Dahien Smart Solution Europe (DSSE) » qui vont nous permettre d’accompagner nos clients et démontrer notre pertinence technique et commerciale sur ce marché très concurrentiel.
Jonas, où serez-vous dans quelques années ?
Jonas Kappel : J’ai trouvé ma passion dans l’industrie du soudage. Je suis très heureux des applications et des possibilités qu’offre le soudage. Le marché dans son ensemble connaîtra une transition majeure dans les années à venir.
J’utiliserai mes responsabilités pour contribuer à porter cette transition et pour m’assurer que nos clients puissent augmenter leur productivité. J’espère également que la technologie ne viendra pas toujours d’Amérique du Nord ou d’Asie, et que nous continuerons à voir du développement en Europe. Je veux en faire partie dans l’industrie du soudage au cours des dix prochaines années.
Propos recueillis par Nicolas Gosse



