L’industrie ne manque pas d’avenir, elle manque de récit

Partenaires de longue date, Fronius France et Selectarc partagent une même conviction : la réindustrialisation ne pourra réussir sans préserver, transmettre et valoriser les savoir-faire industriels. En associant l’expertise de Fronius dans les équipements et procédés de soudage à celle de Selectarc dans les métaux d’apport, les deux acteurs défendent une approche complète du soudage, où la machine, la matière et le geste humain sont indissociables. Une collaboration qui met aussi en lumière un enjeu plus large, redonner toute leur place aux métiers du faire dans l’imaginaire des jeunes générations.

3 questions à…

Jean-Marc Scolari

Jean-Marc Scolari

Directeur général

Fronius France
Jean-François Petitet

Jean-François Petitet

COO

Selectarc

Pourquoi le soudage est-il un sujet stratégique quand on parle de réindustrialisation ?

Jean-Marc Scolari : Le soudage est partout, mais il reste souvent invisible. Il est présent dans une rame de TGV, une infrastructure énergétique, une installation nucléaire, un équipement industriel, un projet lié à l’hydrogène ou aux énergies renouvelables. Sans soudage, beaucoup de grandes ambitions industrielles restent théoriques. C’est un métier concret, exigeant, technologique, qui incarne parfaitement la puissance du faire.

Jean-François Petitet : Le soudage rappelle une réalité essentielle, l’industrie ne repose pas seulement sur des machines, mais sur des savoir-faire. Un assemblage de qualité dépend de la matière, du procédé, de l’équipement et de l’expérience de l’opérateur. Parler de soudage, c’est donc parler de souveraineté industrielle, de transmission et de maîtrise technique. Si nous ne savons plus souder, assembler, qualifier et transmettre ces gestes, notre capacité à produire s’affaiblit.

En quoi la collaboration entre Fronius et Selectarc illustre-t-elle cette complémentarité entre technologie, matière et geste ?

Jean-Marc Scolari : Fronius apporte son expertise des générateurs, des procédés de soudage, de l’automatisation et des solutions numériques. Mais un équipement, aussi performant soit-il, ne fonctionne jamais seul. Il interagit avec une matière, un métal d’apport, un environnement de production et un savoir-faire humain. Travailler avec Selectarc nous permet d’aborder le soudage comme un système complet, et non comme une simple addition de technologies.

Jean-François Petitet : Selectarc apporte une expertise française rare dans les métaux d’apport de soudage et de brasage. Notre collaboration avec Fronius permet de croiser deux regards complémentaires, celui de la machine et celui de la matière. Ensemble, nous pouvons mieux répondre aux enjeux de qualité, de répétabilité, de productivité et de souveraineté. Cette coopération montre aussi que l’industrie européenne dispose encore de savoir-faire puissants, à condition de les faire dialoguer.

Comment rendre ces métiers de l’industrie plus désirables ? 

Jean-Marc Scolari : L’industrie ne manque pas d’opportunités, elle manque encore trop souvent de récit. Chaque année, 125 000 jeunes sont formés aux métiers industriels jusqu’au Bac+3. Pourtant, seuls 67 % rejoignent réellement le secteur. C’est un paradoxe, d’autant que les salaires y sont 15 à 20 % plus élevés que dans d’autres domaines et que ces métiers sont au cœur des grands défis : décarbonation, souveraineté, innovation, transition énergétique. Le problème n’est donc pas uniquement celui de l’emploi ou de la rémunération. C’est aussi un sujet d’image, de projection et d’imaginaire. Les métiers industriels restent mal compris, parfois enfermés dans une représentation dépassée. Il faut ouvrir les ateliers, montrer les réalisations, valoriser les parcours, donner à voir les rôles modèles. Un jeune qui comprend qu’il peut contribuer à construire un train, maintenir une centrale ou participer au développement de l’hydrogène ne regarde plus le métier de la même manière.

Jean-François Petitet : Il faut redonner de la fierté au geste. Le soudage n’est pas un métier d’exécution, c’est un métier de précision, de technicité et d’intelligence du terrain. La technologie, la cobotique ou l’intelligence artificielle peuvent rendre ces métiers plus attractifs, plus sûrs et plus performants, mais elles ne remplaceront pas la compétence. L’enjeu est de former différemment, de transmettre autrement et de montrer que les métiers du faire sont des métiers d’avenir.

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